Voilà autour de quoi va désormais tourner l'essentiel de la vie politique française. Voilà ce qui va justifier de nouveaux marchandages et ralliements à la majorité. Voilà ce qui explique les annonces précipitées de la Commission juste avant le second tour d'autoriser les taux réduits de TVA pour les services (lire l'article de la Tribune du 15 juin : Bruxelles va autoriser la baisse de la TVA dans la restauration) puis de favoriser les projets de "TVA sociales". (lire l'article du Figaro de la veille du scrutin : "Bruxelles soutient le projet de TVA sociale")
La Commission avait fait le même calcul. Elle savait que le débat prématuré sur la TVA était catastrophique. Il démontrait magistralement que plus personne ne croit encore aux bienfaits de l'ouverture des frontières et que nous sommes réduits à chercher des remèdes à l'efficacité incertaine mais aux effets secondaires désastreux. Ce débat risquait d'empêcher Nicolas Sarkozy de disposer d'une majorité aux ordres pour faire ratifier son TCE / "mini" traité. Elle a tenté par tous les moyens d'influer sur le résultat. Peut-être a t-elle ainsi évité une vraie majorité hostile à la ratification.
Accessoirement, on apprend que, pendant que nous débattions, croyant avoir encore quelque prise sur les décisions, tout était prêt depuis longtemps pour la mise en scène :
le taux réduit de TVA pour les services va être généralisé, ce qui permettra à Sarkozy de se glorifier à bon compte de tenir la promesse de Chirac.
l'avis favorable au financement des protections sociales par l'augmentation des taux de TVA. Non seulement, ce n'est pas une mesure "souverainiste" mais c'est au contraire préconisé par la Commission ! Quel aveu !
Conclusion :
La Commission est prête à beaucoup de concessions pour sauver l'essentiel, à savoir :
la docilité à l'OMC où l'on doit accepter de laisser piétiner nos intérêts vitaux pour poursuivre la mondialisation,
l'alignement sur la politique internationale de l'OTAN et des USA, quels que soient les projets guerriers Bushistes.
Peu importe désormais la logique économique de l'EU, seul compte aujourd'hui de maintenir l'ensemble en semblant de vie. Il faudra donc lâcher suffisamment à la France pour que Sarkozy puisse contenir les humeurs de son peuple qui rejette de plus en plus ouvertement la destruction européenne, tout en lui faisant comprendre que ça a un prix, payable à coup d'augmentation de la contribution nette de la France pour le prochain budget.
Mais il ne s'agit que d'une fuite en avant, car les intérêts de plus en plus divergents des États membres rendent inéluctable la chute de l'Empire. Signe des temps, le bandeau du blog de Giscard est un drapeau européen sur fond rouge. Inconsciemment, l'Ex doit pressentir que le destin de l'Union européenne ressemble à celui de l'Union soviétique.
La nouvelle donne obligera les parlementaires à sortir du bois. On verra alors qui, à droite, préfère une place au chaud en reniant ses principes gaullistes ou souverainistes. Qui, à gauche, amuse l'électeur avec de bonnes paroles sociales, en étant parfaitement soumis à l'euro-atlantisme-mondialisme. Le TCE peut encore être ratifié, mais au prix du discrédit de la classe politique dans son ensemble.
Jean-Yves Crevel
Décap'actu
Les nouvelles assemblées après l’élection :
| DROITE
|
| GAUCHE
|
|
SENAT
|
|
|
|
|
UMP
| 155
| Socialistes
| 97
|
|
RDSE
| 17
| Communistes
| 23
|
|
Centristes
| 32
|
|
|
|
NON INSCRITS
| 7
|
|
|
|
| 211
|
| 120
| 331 SENATEURS
|
|
|
|
|
|
ASSEMBLEE
|
|
|
|
|
UMP & Div.
| 321
| Socialistes & Div.
| 206
|
|
Nouveaux Centristes
| 21
| Communistes
| 18
|
|
MPF
| 2
| Verts
| 4
|
|
|
| MoDem
| 5
|
|
| 344
|
| 233
| 577 DEPUTES
|
|
|
|
|
|
CONGRES
| 555
|
| 353
| 908 CONGRESSISTES
|
MAJORITE REQUISE : 545